Pourquoi les personnages non genrés sont essentiels dans la littérature jeunesse ?

Dans Zaza, queen de la bibliothèque, nous suivons Camille, un.e enfant qui aime se déguiser et écouter les histoires fabuleuses de Zaza, une drag queen qui anime l’heure du conte. Dès les premières pages, quelque chose intrigue : Camille n’a pas de genre défini. Ni fille, ni garçon, Camille est simplement… Camille.
Présenter des personnages non genrés en littérature de jeunesse n’est pas anodin. Et c’est précisément ce dont nous allons parler.

Pourquoi c’est rare et pourquoi ça compte

Un personnage non genré est un personnage dont on ne précise pas le genre. Et dans la littérature jeunesse, les personnages non genrés sont encore rarissimes.

Une étude de Carole Brugeilles, Isabelle Cromer et Sylvie Cromer, révèlent que la littérature jeunesse la majorité des personnages est masculin : 65 % en moyenne  contre 35 % de filles.

Proposer un personnage sans genre, c’est donc offrir une alternative nouvelle.
Et cette rareté donne encore plus de valeur au personnage de Camille : il ouvre une brèche dans un imaginaire souvent limité.

Camille personnage non genré

Identification, empathie et respect

Les normes, parfois, limitent, enferment, rejettent. Un personnage non genré permet alors aux enfants de s’identifier librement, sans contrainte.

Camille n’est pas défini.e par « il » ou « elle ». Ce personnage peut être lu comme une fille, comme un garçon, ou comme aucun des deux.
Cela permet à chaque enfant de projeter sa propre identité sur lui.elle. Camille est un miroir possible pour tous et toutes, sans case préétablie.

C’est aussi une manière d’encourager l’empathie : en découvrant Camille et Zaza, les enfants apprennent à accepter qu’une personne puisse être différente, unique, non conforme aux attentes.
Cela développe le respect des parcours et identités de chacun.e.

zaza illustration personnages non genrés

Lutte contre les stéréotypes et préjugés

En supprimant l’étiquette de genre, nous contournons d’emblée tout un arsenal de stéréotypes.
Camille n’est pas « obligé.e » d’aimer le rose ou le bleu, les poupées ou les voitures, selon ce qu’imposerait son sexe. Notre Camille a les cheveux courts, aime les sirènes et taquine son petit frère. 
C’est une manière simple, mais puissante, de montrer que les enfants sont libres d’explorer qui ils sont, au-delà des cases et des normes.

Des personnages non genrés : un choix réfléchi, pas une omission

Le fait que Camille soit non genré.e n’est pas une absence de choix. C’est, au contraire, une décision éditoriale forte.
Nous aurions pu dire « il » ou « elle ». Mais nous avons décidé de ne pas le faire, car nous croyons qu’il est urgent d’élargir les représentations proposées aux enfants.
Dans un livre qui parle du drag — un art qui joue avec les codes du genre, qui les questionne, qui les célèbre et les détourne — il était logique que le personnage principal soit lui aussi hors des cases.

Parce qu’au final, le genre du héros.ïne n’est qu’accessoire, le savoir ne changera pas la fin de l’histoire, ni son impact.

Ouvrir la discussion

Avec Zaza, queen de la bibliothèque, nous avons voulu célébrer la liberté, l’imaginaire et l’art du drag.
Mais aussi proposer une figure rare et précieuse : un personnage non genré, qui invite à rêver, à s’identifier et à respecter la diversité.
Nous espérons que ce livre ouvrira des discussions entre enfants et adultes, et contribuera, à sa manière, à construire une génération plus libre et plus empathique.

zaza personnages non genrés

👉 Zaza, queen de la bibliothèque est disponible dès maintenant.

Découvrir le livre →